Haut les mains : Annie D (Christian Dior Couture)

janvier 24, 2022
Crédit photo : Laurence Benaïm

Première main Flou atelier Dior 
Caresse couture 

Un éventail de tulle zéphyr plissé se répand sur la table de travail. « Un petit gris, un champagne, un petit beige rosé… » Annie D, l’effleure, le caresse, enlève tous les « petits fils », petitpetite, c’est l’un de ses adjectifs préférés, petit haut, petites bretelles roulotées en « queue de rat », elle positionne, superpose, double les pressions, fixe les « attachettes ». 17 ans chez Dior, précédés d’une dizaine d’années chez Yves Saint Laurent, avec Madame Renée. Le tissu lui répond dans un chuchotement, on dirait qu’il est en plumes, elle le recoiffe, le caresse encore. « J’ai toujours aimé le Flou, j’aime ce qui est léger, tout ce qui est robe. On a des petits fers. C’est plus délicat. Au Flou, il faut donner l’impression que ce n’est pas piqué, que tout tient tout seul. Maria Grazia aime beaucoup les transparences. Les points doivent être invisibles. »  Elle n’est pas superstitieuse, mais quand même. Elle ne coud pas le bolduc (avec le numéro de passage), sans que Madame Jacqueline, la Première, (ancienne elle-même de chez Saint Laurent), n’ait vu le modèle. A sa droite, Emma, son apprentie, fait un petit top d’organza, il semble plus léger qu’un mouchoir de vent. Elle la guide en douceur : « En piquant son col, elle ne doit pas casser les plumes. C’est tellement fragile ». Avec le temps, des petites choses ont changé. « On pointe la ressource à deux centimètres, c’est plus rapide. Mais le métier reste le même. On passe des fils, on travaille à la main. On fait la robe et on la refait au propre, c’est notre enfant de A à Z. »  Le père d’Annie était électricien, sa mère, femme au foyer, elle a commencé à dix-neuf ans. Au doigt, elle a gardé son dé d’argent, le même depuis quinze ans. Restent bien sûr ses ciseaux « Je n’aime pas les prêter ». Le jour du défilé, elle sera au Gaumont Champs Elysées, pour regarder la collection en direct, avec tout l’atelier. « Les clientes sont déjà sous housse ». Ce sont les commandes qui s’ajoutent à celles à venir. En attendant le grand déménagement prévu au printemps, de la rue Jean Goujon au 30 rue Montaigne : « Le retour à la Maison ». 

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